Pour sa première grande création féminine depuis Mon Guerlain en 2017, la Maison puise dans son propre patrimoine. Elle dévoile une nouvelle L’Heure Bleue, plus fraîche et plus contemporaine, mais toujours fidèle à l’émotion qui a donné naissance au parfum original.

Il aura fallu attendre près de dix ans pour que Guerlain lance un nouveau parfum féminin de cette envergure. Dévoilée mondialement le 28 août 2026, la nouvelle L’Heure Bleue n’arrive pourtant pas tout à fait en terre inconnue. Son nom appartient depuis plus d’un siècle à l’histoire de la Maison.
Tout commence en 1912. En traversant le Pont-Neuf, Jacques Guerlain est saisi par cet instant très particulier où le jour s’efface lentement, laissant le ciel et la Seine se fondre dans un même bleu profond. Cette lumière, cette atmosphère et surtout l’émotion qu’elles provoquent lui inspirent alors L’Heure Bleue.
Plus de cent ans plus tard, Delphine Jelk, Directrice de la Création des Parfums Guerlain, revient à ce moment suspendu avec une idée en tête : imaginer le parfum que Jacques Guerlain aurait pu créer aujourd’hui, avec les matières et les possibilités offertes par la parfumerie contemporaine.
Un héritage revisité avec précaution
Reprendre un monument de la parfumerie comme L’Heure Bleue n’allait pas de soi. Delphine Jelk n’a d’ailleurs pas cherché à reproduire la formule de 1912 ni à la moderniser artificiellement. Elle en a conservé l’esprit, la douceur poudrée et le caractère enveloppant, tout en lui donnant davantage de fraîcheur et de lumière.

Le parfum original ne disparaît pas. Il poursuit son histoire sous le nom de L’Heure Bleue 1912, tandis que cette nouvelle création porte simplement celui de L’Heure Bleue. Deux parfums distincts, deux époques, mais une même émotion comme point de départ.
L’iris au cœur de la création
La fragrance s’ouvre sur un accord ozonique aérien, accompagné de poire et de néroli. Une fraîcheur claire, presque palpable, qui cherche à restituer ce léger frisson ressenti lorsque la température change à la tombée du jour.
Mais le véritable travail se révèle au cœur du parfum. L’iris, matière emblématique de Guerlain, est utilisé sous deux formes : le traditionnel beurre d’iris et une teinture développée spécialement pour cette nouvelle composition.

Il aura fallu trois années de recherche pour mettre au point cet ingrédient exclusif, obtenu par la macération de rhizomes d’iris dans l’alcool. Cette technique permet de révéler une facette moins poudrée, plus fraîche, végétale et boisée de cette matière précieuse, souvent surnommée « l’or bleu » de la parfumerie.
Le jasmin prolonge la douceur florale de la composition, avant de laisser place à un fond plus chaud où se mêlent la vanille, l’ambroxan et les muscs. Le parfum joue ainsi sur les contrastes : frais mais enveloppant, délicat sans être effacé, sensuel sans chercher à trop en faire.
Une féminité qui s’écrit en bleu
Avec cette création, Guerlain s’éloigne volontairement des codes féminins les plus attendus. Ici, pas de rose ni de séduction appuyée. Le bleu devient la couleur d’une féminité plus personnelle, faite à la fois de douceur, de force, d’authenticité et de liberté.

« En tant que femme, j’ai eu envie d’exprimer la féminité avec justesse, telle que je la vis », explique Delphine Jelk.
Cette L’Heure Bleue a été pensée comme un parfum que l’on porte d’abord pour soi. Une présence rassurante, presque protectrice, qui accompagne la peau sans jamais perdre son caractère.
Un flacon historique habillé de bleu
Pour accueillir cette nouvelle fragrance, Guerlain conserve le célèbre flacon « cœur inversé » créé en 1912. Sa silhouette reconnaissable se pare cette fois d’un dégradé de bleu laqué, traversé de lettres dorées et complété par une bague texturée dans les mêmes tonalités.
Rechargeable, le flacon est proposé en 30, 50 et 100 ml. L’univers de la fragrance se décline également à travers une recharge, un savon parfumé ainsi que trois écrins Rouge G en édition limitée.
Avec cette nouvelle L’Heure Bleue, Guerlain réussit un exercice délicat : revenir à l’un de ses grands classiques sans l’effacer ni le figer dans le passé. Une manière de rappeler qu’un héritage peut continuer à vivre, à condition de savoir le regarder avec les yeux de son époque.






