Le Festival international de Sousse a pris des couleurs chinoises le 12 août avec la venue de la troupe artistique du Théâtre national de l’Opéra de Pékin. Une soirée placée sous le signe de l’un des arts scéniques les plus emblématiques de Chine, à travers trois œuvres classiques mêlant jeu théâtral, chant, gestuelle codifiée, costumes spectaculaires et arts martiaux.

Au programme, « Le Roi singe sème le chaos au Palais céleste », ou Dà Nào Tiāngōng, l’une des aventures les plus célèbres de Sun Wukong, le Roi Singe. Personnage incontournable de la culture populaire chinoise et héros du grand classique La Pérégrination vers l’Ouest, Sun Wukong défie dans cet épisode l’autorité du Ciel. Sur scène, l’histoire se prête particulièrement aux démonstrations physiques et aux combats stylisés caractéristiques de l’Opéra de Pékin.
Changement total de registre avec « Adieu ma concubine », l’un des grands classiques associés à l’école de Mei Lanfang. L’œuvre revient sur les derniers instants du général Xiang Yu, encerclé par les forces ennemies, et de sa concubine Yu Ji. Alors que la défaite devient inévitable, celle-ci danse une dernière fois avec l’épée avant de mettre fin à ses jours. Derrière la dimension historique, c’est surtout une histoire de fidélité, d’amour et de sacrifice qui se joue.
Enfin, « À la croisée des chemins » (San Cha Kou) fait la part belle à la virtuosité physique. L’intrigue repose sur un malentendu entre Ren Tanghui, chargé de protéger secrètement le général Jiao Zan, et l’aubergiste Liu Lihua. Les deux hommes, qui poursuivent en réalité le même objectif, s’affrontent dans l’obscurité sans connaître leurs véritables intentions. Cette scène de combat est devenue l’un des morceaux emblématiques du répertoire martial de l’Opéra de Pékin.
À travers ces trois œuvres très différentes, le public tunisien a ainsi pu découvrir plusieurs facettes de cet art traditionnel chinois : la puissance du théâtre martial, la dimension dramatique et sentimentale, mais aussi un langage scénique où chaque geste, mouvement et costume participe au récit.

Cette représentation s’inscrit, selon l’Ambassade de Chine en Tunisie, dans les activités organisées dans le cadre de l’Année 2026 des échanges humains et culturels Chine-Afrique. Au-delà du spectacle, elle vient ajouter une dimension culturelle aux échanges entre la Chine et la Tunisie, en donnant à voir un patrimoine artistique qui continue, plusieurs siècles après son apparition, à voyager bien au-delà des frontières chinoises.











