
Il y a des artistes qui donnent un spectacle, et puis il y a ceux qui offrent un véritable moment d’exception. Dans la soirée du mercredi 19 août, à l’occasion de la clôture de la 60e édition du Festival international de Carthage. Majida El Roumi a une nouvelle fois confirmé qu’elle appartient à cette seconde catégorie.
Dès son entrée sur scène, l’artiste a séduit le public par sa présence, son élégance et cette aura particulière qui accompagne les grandes figures de la chanson arabe.
Son discours, empreint d’émotion, sa proximité avec le public, sa voix, toujours aussi authentique et puissante, ont été parmi les facteurs qui ont rapidement installé une atmosphère empreinte d’émotion et de solennité.
Mais l’artiste a également marqué les esprits par son élégante robe, sublimée par les couleurs rouges du drapeau tunisien.
Une succession de grands moments

Le concert a débuté par une introduction instrumentale avant que la star ne fasse son apparition sous une impressionnante salve d’applaudissements.
Elle a entamé son spectacle avec « Mili ye helwe mili », un titre rythmé datant de 2018, dont la musique s’inspire du folklore libanais.
Après un discours particulièrement émouvant, dans lequel elle a exprimé son immense bonheur de retrouver le public tunisien, Majida El Roumi a enchaîné avec deux ballades romantiques, « Aam yesâalouni » et « Khedhni habibi », extraites de son album Wadâa, paru en 1977.
D’autres grands titres de son répertoire en dialecte libanais ont suivi, parmi lesquels « Ismaâ albi » et « Matrahak bi albi », avant que la chanteuse ne plonge son public dans son univers en arabe littéraire avec plusieurs titres emblématiques tels que « Aynaka layali sayfia », « La tassâal » et « Ouhibouka jiddan ».
Et Majida El Roumi ne s’est pas contentée de revisiter ses classiques. Fidèle à sa volonté de continuer à se renouveler, elle a également présenté deux nouvelles chansons, « Bala wala ay kalam » et « Oul ye habibi oul ».
La star a par ailleurs livré sa propre interprétation de « Touba », le célèbre titre d’Abdel Halim Hafedh, repris avec enthousiasme par un public qui n’a pas hésité à chanter avec elle.
Une déclaration d’amour à la Tunisie

L’un des moments les plus forts de cette soirée restera sans doute l’interprétation de « Aslema ya Tounes ».
Pour cette chanson, que Majida El Roumi avait interprétée pour la première fois à Carthage en 2018, l’artiste libanaise a arboré le drapeau tunisien, provoquant une nouvelle vague d’émotion et d’enthousiasme dans les gradins.
Elle a également rendu hommage au peuple libanais, à sa résilience et à sa capacité à continuer à célébrer la vie malgré les épreuves et les tumultes.
Autre grand moment de complicité avec le public tunisien : l’hommage rendu aux grandes figures de la chanson tunisienne. Majida El Roumi a interprété un medley réunissant « Lamouni » de Hédi Jouini, « Yami laaouina » d’Oulaya, ainsi que « Khali badalni » et « Ah ye khlila » de Saliha.
Pour cette séquence particulièrement symbolique, la chanteuse a coiffé une chéchia tunisienne, un geste qui a été salué par une longue et chaleureuse ovation.
Après plus de deux heures de musique, d’émotion et de communion, le concert s’est achevé sur l’incontournable « Kalimat », comme une ultime signature apposée à une soirée exceptionnelle.
Un professionnalisme unique

Mais derrière la magie de la soirée se cache aussi un travail minutieux, une exigence artistique et surtout un profond respect pour le public.
Majida El Roumi est arrivée en Tunisie une semaine avant le spectacle afin de préparer, avec le plus grand sérieux, les dernières répétitions avec les musiciens tunisiens. Une démarche qui témoigne de son professionnalisme et de sa volonté de proposer au public un spectacle parfaitement maîtrisé.
Et son exigence ne s’est pas arrêtée là. Le jour du concert, l’artiste est arrivée à Carthage près de cinq heures avant le début du spectacle pour effectuer une ultime répétition et s’assurer de chaque détail, afin d’éviter toute mauvaise surprise et d’offrir au public la prestation à la hauteur de ses attentes.
Cette rigueur, cette discipline et cette attention portée aux moindres détails ont sans doute largement contribué à la réussite de cette soirée exceptionnelle.
Sur scène, Majida El Roumi a donné le meilleur d’elle-même. Entre les grands classiques qui ont marqué sa carrière et les moments de partage avec le public, elle a fait vibrer les gradins de Carthage et renoué avec cette émotion unique qui caractérise ses grandes prestations.
Son élégance, sa classe et sa maîtrise scénique ont également marqué les esprits. Plus qu’un simple concert, ce fut un spectacle qui semblait venir d’une autre époque, celle où la voix, la présence et la qualité artistique suffisaient à créer la magie.
Ce soir à Carthage, Majida El Roumi a surtout prouvé une chose essentielle : le talent d’une grande chanteuse traverse le temps sans jamais s’éteindre.
Elle a démontré que la beauté d’une voix authentique échappe à l’usure des ans et que certaines grandes voix ne vieillissent pas : elles se bonifient, s’affirment et continuent de toucher les générations.
Quelle classe ! Quel spectacle ! Et quelle belle leçon de professionnalisme et de fidélité à l’art. Une prestation d’une autre époque, portée par une artiste dont la voix et l’élégance semblent défier le temps.







